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    466 – Struth, Alsace Bossue, 220 hab. (novembre 2023)
     
    Résultat d’un défrichage forestier effectué sur ordre du comte palatin et industriel Georges-Jean de Veldenz en 1571, ce village-rue des confins du plateau lorrain a symbolisé à partir du début du dix-huitième siècle une certaine idée de la cohabitation religieuse pacifique sous l’impulsion du grand propriétaire terrien Sébastien de Fouquerolles, par ailleurs juge à La Petite-Pierre de son état. Ceci explique notamment la présence d’une synagogue à deux pas d’une église luthérienne au cœur du bourg ; je n’ai pas su localiser ce qui reste du cimetière israélite, site qui serait quelque part en forêt et a fait l’objet comme beaucoup d’autres dans la région d’actes de vandalisme antisémite, mais l’ancien cimetière protestant à l’extrémité nord, avec son superbe arrière-plan forestier, m’a immédiatement semblé être un des plus beaux du Bas-Rhin.
     
    Ayant très vite parcouru de long en large les trois rues de Struth, dans lesquelles employés municipaux et volontaires s’affairaient à la mise en place des sacro-saintes décorations de Noël, j’ai traversé sur deux kilomètres sous un froid glacial un plateau dénudé pour atteindre dans un creux en lisière des bois le hameau très reculé du Hansmannhof, qui tient son nom d’une famille de verriers du village voisin de Tieffenbach, et dont l’habitat est typique des anciennes implantations rurales anabaptistes, ces derniers ayant depuis belle lurette émigré vers les États-Unis, un nouveau monde dont, à en croire la décoration d’une des fermes, les charmes opèrent encore – autant que ceux de Racing Club de Strasbourg – dans ce bout du monde alsacien.