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    413 – Achenheim, Eurométropole de Strasbourg, 2500 hab. (juillet 2023)

     

    C’est dans cette petite ville périurbaine qu’aurait débuté le Bas-Rhin alphabétique, mais évidemment le Bas-Rhin aléatoire ignore royalement l’alphabet, et a donc mis tout son temps avant d’en arriver au commencement. Puisqu’on parle de lettres il faut aussi noter que le toponyme d’Achenheim contient toutes les lettres du mot « chien » pratiquement dans l’ordre, et ainsi j’y ai croisé en nombre des canidés altiers, affectés à des postes de gardiennage ou exerçant simplement une curiosité bien légitime.

    Sa proximité d’un axe routier important menant directement à Strasbourg et son cadre naturel avantageux assurent à Achenheim un contingent très important de pavillons et de petits immeubles blancs à son entrée est ; plus près du petit centre situé à proximité du canal de la Bruche, dont la piste cyclable distribue les week-ends un flot quasi continu de promeneurs, l’immobilier prend du galon avec quelques fermes à colombages et sur la colline toute proche sur laquelle se dresse également l’église, un château de 1882 en pierre et brique polychrome, récemment vendu, si j’en crois les annonces immobilières, pour une somme avoisinant les 2 millions et demi d’euros.

    Intrigué par la proportion très élevée de patronymes italiens au cimetière (un bon quart, au doigt mouillé), j’ai compris vers la fin de mon exploration que ce phénomène relevait d’une immigration ouvrière datant du dix-neuvième siècle, pour les besoins de la main d’œuvre d’une grande tuilerie, dont les bâtiments d’origine ont été détruits sauf une petite chapelle, site encore exploité à l’heure où j’écris ces lignes par une compagnie autrichienne qui se présente comme « le leader mondial de la terre cuite ».