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    115 - Wolschheim, Pays de Saverne, 320 hab. (mai 2021) 

    C’est alors que je quittais Wolschheim qu’une vision émouvante et incongrue s’est offerte à moi in extremis : celle d’une discothèque de campagne isolée, aux portes sans doute définitivement closes, posée au milieu d’un vaste plateau comme un cargo fantôme dans l’océan, et dont le restaurant attenant Belle Vue, lui aussi fermé, a du être baptisé avant la construction d’une grosse installation d’épuration agricole juste en face. De Titan à Titanic il n’y a que deux lettres, autant dire que la pente est courte et que la crise actuelle du secteur a vraisemblablement été définitivement fatale à la petite entreprise, mais j’ai passé un moment sur place en m’imaginant toutes les petites joies et souffrances humaines, les bagarres avinées incompréhensibles, les sombres trafics et les descentes de gendarmes (nombreuses selon un article des DNA) qui ont donné vie au fil des décennies à ce lieu qui a semble-t-il d’abord été le « Dancing moderne » avant de changer moult fois de nom. Le village de Wolschheim lui même est assez informe, architecturalement assez pauvre (une exception pour le joli clocher-horloge) et/ou inhospitalier, et constellé d’amas de pneus : c’est le Bas-Rhin moche. Sur le mur d'un arrêt de bus, j’ai médité face à la réflexion suivante, inscrite pour la prospérité au blanco : « Pourk oi vivre 1 vie de con allor con peut vivre 1 vie de rêve ? », qui me semble être une excellente conclusion ouverte à ce billet, à méditer donc.