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118 - Souffelweyersheim, Eurométropole de Strasbourg, 8000 hab. (mai 2021)
Il s’est trouvé par un hasard un peu malencontreux qu’en arrivant en voiture à hauteur de la pagode Simoungkhoune, le fief d’une communauté bouddhiste laotienne installée ici depuis 1991, j’écoutais à fort volume et avec une fenêtre ouverte l’incroyable compilation du label Tompkins Square This May Be My Last Time Singing: Raw African-American Gospel on 45RPM 1957-1982, ce qui n’était sans doute pas extrêmement approprié et m’a attiré un regard torve d’un moine qui passait par là. Ceci dit j’ai été admiratif de la beauté exubérante du temple, aménagé dans un ancien entrepôt industriel d’un quartier de Ried largement vide et vert, bordé par des jardins ouvriers. Craignant sinon de m’ennuyer sec comme à Hoenheim, j’ai été de même agréablement surpris par la beauté et le caractère paisible et villageois du centre-ville préservé, avec de nombreuses grandes maisons et fermes dont certaines sont joliment ouvragées, et pour ne rien gâcher j’ai constaté qu’on s’y livrait volontiers à des fantaisies décoratives disons surprenantes, à l’instar d’une sorte de Manneken Pis à lunettes évoquant Agnan du « Petit Nicolas » ou d’une sculpture ovine foutraque dissimulée dans le coin d’un jardin au détour d’une rue tranquille. Passé ce coeur de ville, Souffelweyesheim ressemble par endroits pas mal aux banlieues bordelaises de Talence ou Pessac près desquelles j’ai passé mon adolescence, et à plein d’autres de leurs consoeurs françaises selon les rues.