Développé avec Berta.me

  1.  

    299 - Schoenbourg, Vosges du Nord, 400 hab. (août 2022)

    Accueillis dans la rue principale de ce village perché sur une hauteur du parc national régional des Vosges du Nord par un impressionnant concert d’aboiements auquel un shih tzu à l’allure de sentinelle mélancolique, visiblement au fait de l’autorité et de la dignité que peut conférer le silence, a refusé de se joindre, nous avons rapidement pris la tangente pour aller trouver la compagnie plus discrète de vaches qui paissaient sous un soleil impitoyable dans un paysage ravagé par la sécheresse, faisant ressurgir dans mon esprit épuisé par cet été incendiaire de vagues souvenirs d’errances à la lisière de l’Oklahoma et de l’ouest du Texas. 

    Les extrémités du village, typique de ce coin d’Alsace Bossue jouxtant le plateau lorrain (à la particularité près que de nombreuses fermes anciennes y ont la façade perpendiculaire à la rue, pour une raison qui m’a échappé) ménagent de vastes horizons dont la monotonie est brisée côté sud par des amoncellements de tuiles. Près de la mairie, deux inscriptions au feutre se font face de part et d’autre de la rue : l’une, sur l’arrêt de bus, et émanant vraisemblablement d’un ado ne tirant pas forcément le meilleur de ses cours d’anglais, énonce doctement un axiome douteux et à l'intérêt discutable (« Bitch - slut - whore - all the same »), tandis que l’autre, apposée contre le garage d’une bâtisse condamnée, qualifie celle-ci de « Maison maudite », affirmation dont, fatigués et affamés, nous n’avons eu ni l’opportunité ni le cran d'établir la véracité.