Développé avec Berta.me

  1.  

    440 – Rittershoffen, Outre-Forêt, 910 hab. (septembre 2023)
     
    Pour un village en grande partie détruit pendant les combats de 1945, Rittershoffen ne manque pas d’attraits, à commencer par ceux, d’une monumentalité sidérante, des vitraux réalisés par le maître-verrier Tristan Ruhlmann pour l’église Saint-Gall en 1962 (j’ai failli les rater car au début de mon après-midi sur place, un enterrement avait lieu dans l’église, et même si je suis capable de faire preuve d’un certain sans-gêne lorsque la situation l’exige, je ne me voyais pas trop prendre des photos architecturales au milieu des proches éplorés).
     
    Par chance les commandements bibliques qui sont rappelés dans le vestibule d’entrée n’interdisent ni les noms-jeux de mots casse-gueule, donnant ainsi une bénédiction implicite au restaurant « Le chauve sourit » en plein cœur du village, ni la violence entre viennoiseries, représentée dans la vitrine d’une boulangerie aux bons produits (je me suis chargé de vérifier, ne reculant devant aucun sacrifice pâtissier) mais à l’iconographie étonnamment combative, et qui a raté une occasion évidente de s’appeler « L’envie Ronan », si je puis me permettre.
     
    Outre l’original modèle de porte solfégique d’un habitant mélomane, les rues de Rittershoffen regorgent de petites surprises réjouissantes, à l’instar d’une pancarte chien de garde qui promet tous les dangers, des singes de la sagesse à l’entrée d’un garage, variation relativement rare sur le thème du bouddhisme de lotissement, et de la décoration murale poétique de la rue des Lièvres. Malgré cette débauche d’humour et d’animaux mignons, j’ai tout de même pris note que tout n’est pas rose à Rittershoffen, puisqu’une partie des habitants affiche sans détours son mécontentement vis-à-vis de la présence d’une unité de méthanisation.