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65 - Nordheim, Route des Vins, 910 hab. (février 2021)
Refroidi et passablement épuisé au retour de la matinée à Kindwiller, j’ai remarqué une fois rentré chez moi que quelque chose clochait, et j’ai fait part à une amie de mon étonnement quant à l’étrange luminosité crépusculaire qui s’était installée, elle m’a confirmé qu’il se tramait quelque chose d'inhabituel et renseignements pris la nouvelle était en train de se répandre comme une traînée de (hum) poudre : un nuage de particules du sable du Sahara survolait le pays. Initialement psychologiquement prêt à m’adonner à une sieste de cinq ou six heures, j’ai changé mes projets avec une faculté d’adaptation tout à fait remarquable et j’ai décidé de faire comme tout le monde, c’est-à-dire d’aller prendre des photos avec un filtre orange naturel, et le tirage au sort m’a invité à le faire à Nordheim, village à la lisière du Kochersberg et du vignoble.
Seulement, il ne faut jamais sous-estimer la capacité de résistance passive du brouillard hivernal de la plaine d’Alsace, et il est devenu évident dès la sortie ouest de Strasbourg que le fond des photos de l'après-midi resterait désespérément blanc. La journée était décidément placée sous le signe des particules puisqu’à la fontaine l’eau ne se contentait pas d'être non potable, elle y était carrément « dangereuse à boire ». Il n’y avait pas âme qui vive dans Nordheim, et je ne me suis pas éternisé dans ses rues en pente parsemées d’inhospitalières maisons de vignerons, m’accordant toutefois un détour edgarallanpoesque au joli cimetière ancien. Pour conclure, je me suis mis en quête de l’émetteur TV de Nordheim sur la colline de Stephansberg, un pylône qui fait la bagatelle de 280m de haut, soit deux cathédrales de Strasbourg, mais restait désespérément invisible dans la purée de pois, abandonnant mes recherches devant un saint encagé dans un sous-bois humide.