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    319 - Niedermodern, Pays de Haguenau, 900 hab. (octobre 2022)

    Tel un officier de reconnaissance d’une armée invisible et subreptice, j’ai commencé à l’aube ensoleillée du cinquième jour du mois d’octobre mon opération à Niedermodern en prenant de la hauteur pour observer l’ensemble du territoire à explorer depuis le Geiersberg, sommet qui depuis ses modestes 261 mètres d’altitude offre une vision très large sur plusieurs contrées du nord du Bas-Rhin, et permet accessoirement de se faire lécher la main par de très belles vaches. Comme je le craignais, Niedermodern, ville limitrophe de Pfaffenhoffen traversée d’ouest en est par la même département extrêmement passante, est moins majestueuse de près, quoique l’émissaire félin extrêmement ombrageux qui m’a accueilli lorsque je suis rentré dans le vif du sujet ne manquait pas de prestance. 

    Comme ses consoeurs du Val de Moder, la ville a souffert de la désertion des industries ; il ne reste aucune trace de l’usine d’ustensiles ménagers Léopold, qui a employé des centaines de personnes jusqu'en 2001. Non loin de son implantation d'autrefois, et de lotissements récents carcéraux bâtis autour d’un supermarché Match, se dresse fièrement l’enseigne du magasin Farmer City, homonyme vraisemblablement involontaire d’une petite ville du centre de l’Illinois, et dont j’éprouve aujourd’hui encore des difficultés à penser sans que le jingle que mon cerveau malade a conçu pour eux (« Take me down to Farmer City », sur la mélodie de « Paradise City » des Guns’n’Roses) ne trotte dans ma tête en boucle pendant une bonne demi-heure.