-
320 - Néewiller-près-Lauterbourg, Outre-Forêt, 700 hab. (octobre 2022)
Il m’arrive parfois lors de moments de fatigue ou de faiblesse de me poser la question légitime consistant à se demander s’il est bien raisonnable à maints titres de se coltiner deux heures de route aller-retour pour passer trois heures à aller arpenter un village inconnu sans le moindre site touristique ou historique notable répertorié, mais comme cela arrive fort heureusement souvent mes incertitudes se sont rapidement évanouies à mon arrivée à Néewiller-près-Lauterbourg, où a l’intérieur de la petite chapelle dédiée à Saint-Antoine qui s’élève à l’entrée de la commune j’ai été récompensé de mon abnégation par l'apprentissage d’une méthode originale et réjouissante - et vraisemblablement infaillible - pour retrouver tout objet égaré (ou à défaut pour alpaguer par inadvertance des hommes de contrées hispanophones, lusophones ou italophones dans la rue selon vos besoins et vos envies), incluse dans l’album ci-dessus pour l'édification du visiteur de cette page.
Pour le reste, ce village situé comme son nom l’indique non loin de Lauterbourg est assez typique de l’entre-deux complexe des bourgades frontalières de l’Outre-Forêt, offrant son lot de belles et hiératiques fermes à colombages souvent blanches mais ici volontiers colorées et une palanquée de villas neuves interchangeables, et faisant entendre et lire régulièrement la langue allemande dans les cours des maisons et sur les plaques d’immatriculation des véhicules tout en arborant ponctuellement des symboles ostensibles de fierté hexagonale tels le drapeau tricolore ou l’aguicheuse déco en trompe l’oeil du Restaurant de La République, qui a malheureusement fermé ses portes en 2017. Sur le chemin du retour, à la limite du ban communal de Wintzenbach, je me suis arrêté une dernière fois pour photographier ce qui est indiqué sur Google Maps en allemand comme une « Baumallee », qui s’est avérée être une bonne vieille allée de platanes, comme un lointain écho de ma Provence natale.