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212 - Natzwiller, Vallée de la Bruche, 530 hab. (janvier 2022)
Les habitations de ce village de moyenne montagne de la vallée de la Bruche, ou pour être plus précis de son affluent la Rothaine, sont dispersées sur une pente raide autour d’une grande église catholique (il s’agit d’ailleurs de la seule commune non-protestante du coin), secondée par quelques oratoires isolés. L’architecture y est globalement grise, massive et austère, mais cela sied plutôt à la beauté rude du site. Au fond de la vallée, Tommy, qui étrennait son nouveau blouson du Racing, et moi-même avons avisé une maison vide squattée par un chat et passé un moment agréable avec les chèvres et l'âne qui vivent autour de l’étang voisin, près d’une ancienne usine textile, activité autrefois importante ici.
Après plusieurs heures à arpenter le village, qui n’est pas si peuplé mais très vaste, nous avons gravi un col pour redescendre parmi les sapins sur le versant nord pour rejoindre le camp nazi du Struthof, fermé à la visite en ce mois de janvier mais dont on peut facilement faire le tour dans une atmosphère glaçante à maints titres, avant de s’enfoncer dans la poudreuse en contrehaut du site pour visiter le très beau mémorial aux victimes (qui se comptent ici par dizaines de milliers), dont je ne me souvenais pas d’une précédente visite. Le site, peu connu hors d’Alsace, est en ce moment sous les projecteurs médiatiques suite à la remise très récente d’un rapport sur les crimes terribles commis par les médecins de la Reichsuniversität (l’Université de Strasbourg annexée) dans le cadre d'expériences médicales visant notamment à constituer une « collection anatomique ».