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    501 – Muttersholtz, Grand Ried, 2200 hab. (mars 2024)
     
    Localité historiquement prospère et multiconfessionnelle, Muttersholtz est devenue une ambassadrice de l’écosystème caractéristique du Grand Ried, région naturelle inondable soumise aux épanchements du Rhin, surtout jusqu’au creusement du Grand canal d’Alsace. Une très dynamique Maison de la nature officiant depuis les années 1970 ne ménage pas ses efforts de sensibilisation à l’environnement (je me suis garé à côté du « sentier de la transition énergétique »), relayée par les municipalités successives, le tout étant couronné de l’obtention d’un titre de « capitale française de la biodiversité » en 2017.
     
    Alors que les travaux d’un « nouveau cœur de village », densifié et évacuant l’automobile, s’engagent, deux cigognes juchées sur un trône végétal au-dessus d’un des axes principaux surveillent la circulation. On sait grâce aux avancées de la science que les cigognes nous amènent notre progéniture ; le courrier parvient lui jusqu’à nous grâce à l’action des facteurs, qui méritent amplement leurs pourboires frais et sucrés.
     
    Si la commune annonce avoir acté l’arrêt de toute extension urbaine, les lotissements ont déjà eu le temps d’y pousser largement (à l’instar des distributeurs à billets) ; on peut être légitimement perplexe en constant que l’une des rues les plus carcérales et minéralisées a reçu le nom d’Alice Mosnier, la première présidente de la Maison de la nature (peut-être détestait-elle secrètement la nature ?). Une partie plus ancienne du bourg s’adosse aux murs de la grande usine du constructeur Mathis, choisie par le Président pour débuter ses « 100 jours d’apaisement » destinés à tenter de fermer la page embarrassante de la réforme des retraites.
     
    Sur la route d’Hilsenheim, une parcelle de « forêt sanctuaire » décline le souci de l’écologie sur le thème du funéraire : depuis 2023, une dizaine de défunts repose discrètement au pied des arbres, leur présence étant seulement dénotée par des plaques au sol (dont un emplacement « témoin ») camouflées par un tapis d’ail des ours. La présence des morts y acte la soustraction des lieux à l’exploitation forestière.