Développé avec Berta.me

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    400 – Morschwiller, Pays de Haguenau, 600 hab. (juin 2023)
     
    L’été, du moins dans sa version alsacienne étouffante et impitoyable, n’est pas pour moi synonyme d’hédonisme, mais plutôt une épreuve rituelle de la vie à laquelle il faut s’efforcer de survivre en pensant aux jours où on pourra respirer de nouveau et se déplacer d’un centimètre sans suer comme un porcelet asthmatique, mais j’ai tenu ici à lui souhaiter la bienvenue sur cette page en signe de paix et en célébration de cette 400ème étape par l’intermédiaire d’un cochon vêtu d’un bob qui m’a semblé donner une image plutôt flatteuse et aimable de cette saison interminable, et d’ailleurs commencée bien en avance comme c’est devenu rituellement le cas.
     
    Parmi les circonstances atténuantes de cet odieux assaut sur le corps et l’esprit qu’est l’été, on trouve d’une part la floraison des cerisiers, dont les fruits sont soigneusement testés par mes soins partout dans le département, tâche dont je m’acquitte avec le plus grand sérieux, et l’allongement des journées, qui permet donc des sorties en soirée et en l’occurrence de donner un aperçu de ce qu’est un samedi soir à Morschwiller, un village accroché à une colline du centre du Bas-Rhin dont la rue principale est inhospitalière pour le piéton par la faute d’un trafic automobile incessant.
     
    Pour une destination centenaire, donc, Morschwiller sans aller jusqu’à éblouir, a eu le bon goût et l’à-propos de récapituler un certain nombre de thèmes récurrents du Bas-Rhin aléatoire : la boîte aux lettres, ici dans une fort belle forme bovine, le chat, la plaque funéraire, ou encore le crâne de grès, dont cet exemplaire semble avoir été conçu pour illustrer l’expression « crever la gueule ouverte », ce que je n’ai pas (encore) fait, ouvrant ma bouche seulement pour y verser une limonade rafraîchissante au bar du village et préparer les débuts de la cinquième centaine de destinations.