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    489 – Mittelschaeffolsheim, Pays de Haguenau, 570 hab. (février 2024)
     
    La mythologie de la route est frappée du sceau de l’hégémonie culturelle américaine ; la France, surtout quand on la sillonne avec un cerveau tordu comme le mien, appelle volontiers des références routières plus douteuses et ainsi il m’est difficile de songer à la route sans avoir une abominable scie de Gérald de Palmas s’installer dans la BO de mon quotidien, et depuis peu de voir une borne sans penser à Élisabeth Borne, dont l’image a supplanté tristement le jeu Mille Bornes qui avait lui le mérite d’être complètement inoffensif. Toujours est-il que j’ignore pourquoi une borne de la route nationale 117 se dresse dans un jardin de lotissement de Mittelschaeffolsheim, la commune au nom le plus long de France (catégorie en un seul mot, à égalité bien sûr avec Niederschaeffolsheim), d’autant que 940 kilomètres séparent Perpignan de Strasbourg, mais comme un aimable lecteur me l’a suggéré il est possible qu’il existe un phénomène de migration départementale qui pousse logiquement certains habitants des Pyrénées-Orientales (le 66) vers le Bas-Rhin (le 67), y compris vers des villages où les stations-services ne servent plus et où on ne peut pas se faire enterrer avec sa BMW, mais seulement invoquer son image. Le cimetière de Mittelschaeffolsheim, qui visiblement lutte pour défendre le monopole humain sur le creusage de trous, abrite par ailleurs la sépulture d’une certaine Joséphine Baschung qui n’est ni plus ni moins que l’inspiratrice de la chanson « Osez Joséphine », une tante d’Alain, originaire du village voisin de Wingersheim, dont il appréciait particulièrement la propension à s’affranchir des considérables attentes sociales pesant sur une femme alsacienne dans l’après-guerre.