-
401 – Memmelshoffen, Outre-Forêt, 330 hab. (juin 2023)
Arrivé matinalement à Memmelshoffen pour éviter le pire du cagnard brutal qui a caractérisé les trois quarts de juin 2023 dans le Bas-Rhin, j’ai passé une bonne minute à tenter de photographier le superbe calvaire qui se dresse peu avant l’entrée sud du village en évitant de cadrer la signalisation de virage installée juste devant par la DDE avant de me raviser en me faisant la réflexion qu’il s’agissait désormais pour le meilleur et pour le pire d’un seul et unique ensemble architectural ; quelques centaines de mètres plus loin j’ai aperçu quelques personnes qui s’affairaient derrière le monument aux morts à installer une sorte d’autel, et une paroissienne m’a informé gentiment qu’aujourd’hui se tiendrait après la messe la procession de la Fête-Dieu, festivité catholique consistant à célébrer la présence du sang et du corps du Christ dans le pain et le vin de messe, très observée encore dans plusieurs pays dont l’Allemagne et la Suisse et donc pour des raisons historiques évidentes en Alsace, où elle est aujourd’hui en perte de vitesse.
J’ai donc après avoir fait un tour complet de ce petit et mignon village de l’Outre-Forêt, augmenté récemment d’un petit lotissement de maisons blanches à toits plats près du stade qui contraste vivement avec le colombage dominant ailleurs, attendu sagement la fin de la messe pour pouvoir suivre et photographier un spectacle légèrement surréaliste de ce défilé d’une cinquante de personnes vêtues pour beaucoup de blanc psalmodiant dans la rue et marquant trois arrêts pour écouter la bénédiction du curé, entouré de pompiers (?), à des reposoirs installés pour l’occasion, tandis que des enfants coachés de très près par une paroissienne âgée parsemaient la route du cortège de pétales de roses. En repartant vers ma voiture, les fidèles étant à peine revenus à l’église, j’ai croisé devant le monument aux morts des bénévoles qui rangeaient, et lorsque je me suis étonné auprès d’eux qu’ils plient bagage si tôt, ils m’ont répondu simplement « une fois que c’est fait, c’est fait », sur quoi j’ai donc suivi l’exemple de Jésus allongé et ai quitté les lieux pour aller faire une grosse sieste.