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367 – Lupstein, Pays de Saverne, 800 hab. (mars 2023)
Les abords de l’église de ce village ruralo-résidentiel de la région de Saverne (église qui par ailleurs dispose d’un distributeur « automatique » d’eau bénite) ont sur le papier tout pour plaire aux chiens, avec une vaste pelouse pour s’ébrouer et surtout un stock conséquent d’os à ronger, mais hélas pour eux ces ossements sont humains et donc protégés par une porte fermée à clé : ils ont été attribuées aux victimes locales d’un massacre de milliers de paysans en révolte commis lors de la répression de la guerre dite « des Rustauds » par le duc de Lorraine. Non loin de l’église qui fut le théâtre de cet épisode historique d’une grande violence, une campagne d’affiche suggère que la déjection canine est une menace d’ampleur dont il faut protéger la jeunesse, dont on peut légitimement penser qu’elle fait face à des problèmes plus graves encore, mais bref, tout cela pour dire que la liberté du canidé est ici sévèrement restreinte et sa mélancolie bien compréhensible.
Une partie non négligeable de l’expédition du jour avec M., venu de Toulouse avec un paquet de mouchoirs providentiel, a consisté à longer le canal de la Marne au Rhin dont trois écluses sont situées sur le ban communal de Lupstein ; les bâtiments anciens n’appartiennent plus depuis belle lurette à Voies Navigables de France mais ont généralement été récupérés par des propriétaires qui bichonnent volontiers ces « biens » immobiliers atypiques, mais la maison n°39 est ici un rare contre-exemple avec son cimetière d’autos des années 90 envahi par la végétation. Non loin du lieu-dit Pappelmuehl, la route offre une vue plongeante et panoramique sur un long viaduc de la LGV, tandis que l’apparition hautement cinématographique de deux cavalières s’évanouissant avec le soleil couchant à l’horizon près de la chapelle isolée dédiée à Sainte Barbe fournit à notre album du jour un générique de fin digne d’un album de Lucky Luke.