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332 – Lingolsheim, Eurométropole de Strasbourg, 20000 hab. (novembre 2022)
La « métropole du cuir » a définitivement tourné la page du pan le plus important de son histoire industrielle avec la fermeture de l’usine Costil en 2005 ; le quartier en question est aujourd’hui partagé entre une zone d’activité et un éco-quartier qui a gardé le nom (mais rien de l’apparence) de Parc des Tanneries. « Lingo », donc, assume désormais pleinement sa fonction de cité-dortoir et de banlieue commerciale, les habitants étant largement dépendants de la voisine strasbourgeoise pour nombre d’activités culturelles ou de loisirs, le seul bar qu’on puisse recenser, le « Nid Bar » (!), étant en réalité un PMU-marchand de journaux auquel j’ai commencé mes deux journées d’exploration par un café, dont la première avec un Tommy Gottfer peu enthousiasmé par sa plongée dans certaines des rues de sa prime jeunesse, d’autant que la ville, par sa taille et sa densité de circulation, n’est parfois pas très propice à la déambulation pédestre.
Outre la forteresse allemande à l’accès malheureusement condamné et le temple protestant, l’un des bâtiments les plus remarquables de la ville est sa mairie, de style elle aussi allemand, et dont une rue voisine conserve une série plutôt rare ici de maisons à colombages. Pour le reste, nous sommes au royaume de l’habitat périurbain collectif et individuel plutôt atone, avec parfois quelques touches de couleur bienvenues, y compris dans l’architecture du petit commerce, comme en témoigne la superbe devanture rouge d’une épicerie de quartier. Une bonne heure passée dans le cimetière m’a permis de constater par ailleurs que le Lingolsheimois se montre volontiers d’une sentimentalité touchante, que ce soit sur les tombes ou non loin où un pizzaiolo a dédicacé presque tous les plats de son menu à des membres de sa famille. Si toutefois des émotions plus destructrices ou violentes venaient à s’exprimer, le FBI, qui possède ici une discrète antenne, veille au grain. A l’extrémité ouest du ban communal, je me suis arrêté au bord d’une route inhospitalière pour épier brièvement le majestueux spectacle de l’activité sablière.