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269 - Lauterbourg, Outre-Forêt, 2400 hab. (mai 2022)
Cette commune frontalière à la population relativement modeste mais à la superficie fort vaste a subi des dommages considérables pendant la guerre, et même si je me suis garé sur une place baignée d’ombre par des platanes évoquant la Provence de mon enfance, j’ai trouvé par ailleurs que c’était de prime abord sans doute la ville la plus allemande que j’aie visitée jusqu’ici dans le Bas-Rhin, avec une reconstruction fonctionnaliste privilégiant globalement le blanc et l’angulaire, quoique j’aie au fil de mes errances réussi à dénicher quelques bouts de rues anciennes préservés, ainsi que quelques jolis bâtiments anciens comme la Pulverkirche, l’église protestante, qui fut comme son nom l’indique une poudrière.
Faute d’options gastronomiques me convenant et pas englouties par la végétation en ville, j’ai à midi mis le cap sur l’auberge du Port du Rhin (qui est une antenne du Port Autonome de Strasbourg) où j’ai avalé un filet de sandre que contrairement à d’autres tout près de là je ne me suis pas fatigué à attraper moi-même, sur quoi j’ai traversé les installations industrielles sous un soleil de plomb et une réserve naturelle pour faire le deuxième pèlerinage de ma vie jusqu’au point le plus oriental du territoire métropolitain français, qui se trouve à peu près à l’endroit où les cailloux disparaissent dans le fleuve sur la photo d'ouverture ci-dessus, avant de revenir à l'auberge cette fois-ci en longeant le Rhin sur quelques kilomètres, où quoiqu’étant sur la rive française je n’ai croisé que des pêcheurs allemands. En m’acquittant d’un dernier tour en voiture pour vérifier que je n’avais rien raté de notable je suis tombé par hasard sur un odonyme à l’absurdité confondante (peut-être un obscur grief envers Neil Armstrong ?).