-
497 – Landersheim, Pays de Saverne, 190 hab. (mars 2024)
Il est rare que la rue principale d’un petit village porte le nom d’un PDG, et a fortiori qu’une plaque en grès apposée sur un bâtiment municipal arbore le logo d’une multinationale, mais cela s’explique par un hasard de l’histoire, par lequel Landersheim, voisine de Dettwiller, capitale alsacienne de la chaussure, a été choisie par Horst Dassler pour accueillir le siège social d’Adidas France en 1973, dans un grand bâtiment construit à cet effet qui fait allure de paquebot échoué au milieu des vaches, aux confins du Kochersberg et du Pays de Saverne. Au gré des délocalisations et des regroupements stratégiques, Adidas a fini par quitter Landersheim en 2018, laissant derrière elle un magasin d’usine et une petite friche. Le vaisseau amiral a lui trouvé rapidement repreneur pour héberger l’Académie Internationale des Vins en Alsace, dans laquelle le magnat bordelais de la vigne Bernard Magrez a récemment intégré un « incubateur dédié au vin » sobrement baptisé « Start-Up Win » et dont on peut raisonnablement penser qu’il abrite un certain nombre de winners.
Les affaires semblaient d’ailleurs bien se porter le dimanche de notre venue à Landersheim, qui coïncidait avec la réouverture très attendue de l’Auberge du Kochersberg, établissement réputé dans la région depuis l’après-guerre, racheté en 2019 par des investisseurs iraniens qui ont visiblement tenu à créer une offre de standing tout en ménageant la tradition, établissement pimpant dans lequel hélas nous n’avons pu nous régaler, ayant négligé de réserver, situation fâcheuse qui a contraint notre équipe à une fringale que seul une étape tardive au McDonald d’Oberhausbergen aura pu soulager, après avoir récupéré la voiture laissée le matin dans la cour de Lulu, dynamique et accueillante créatrice d’originales « cartes à planter » (et accessoirement formée aux sciences économiques et sociales par une référence en la matière, j’ai nommé « Madame Marthon »), d’où nous sommes évidemment repartis en douceur afin de ne pas écraser le bébé chat.