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433 – Lampertsloch, Outre-Forêt, 700 hab. (août 2023)
Si la taxidermie est une pratique déclinante et dont le produit est exposé de toute façon plutôt dans les intérieurs, inaccessible au regard du simple passant, l’animal minéral est en revanche omniprésent dans les jardins bas-rhinois, qui contiennent de quoi remplir une véritable arche de Noé de pierre, la population pétrifiée des éléphants ou des ours polaires grandissant à mesure que celle de leurs congénères de chair, d’os et d’ivoire s’amenuise ; à Lampertsloch, le cheval semble surpris d’être à son tour devenu pierre. Sans faire offense aux très mignonnes chèvres croisées en face de la maison natale de l’amiral Reeth, scientifique reconnu du XIXe siècle, la population animale de Lampertsloch, telle que j’ai pu la côtoyer en une très chaude matinée d’été, n’est pas la caractéristique la plus saillante du village.
Celui-ci se distingue en effet surtout par les traces architecturales de son histoire industrielle liées à l’exploitation de mines de fer puis à l’extraction du pétrole, dont la présence a été identifiée pour la première fois en 1948. Ce passé illustre et désormais révolu est ici intimement lié à la famille Le Bel (Achille, chimiste qui dirigea l’exploitation pétrolière, a aussi donné son nom à un bâtiment du campus de l’Esplanade à Strasbourg) et visible aux extrémités nord du village, notamment à la Cité Le Bel, ensemble qui regroupe un bâtiment administratif transformé en appartements et des maisons de maître, à la ferme-château Le Bel (1805), théâtre en son temps d’innovations agronomiques. Dans la forêt, Total a plus récemment (1981-1985) fondé un site expérimental de récupération des huiles lourdes, lui aussi abandonné et dont les environs ont été aménagés par le Groupe des jeunes du village.