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347 – Lampertheim, Eurométropole de Strasbourg, 3500 hab. (décembre 2022)
Contrairement à notre système de retraites, le mois de décembre nécessite une réforme urgente et profonde : on le passe ici en grande partie dans une effervescence et une angoisse terribles, étouffé par les foules et la pression des achats et des « fêtes », avant d’aller se soumettre à un huis-clos familial épuisant, pour finalement en ressortir exsangue, face contre terre comme ce petit ourson d’un jardin de Lampertheim, et de passer le plus clair de janvier, mois gris, sinistre et interminable, à se remettre. Néanmoins,deux jours après Noël, C. et moi avons bravé la fatigue pour aller passer au peigne fin Lampertheim, cette petite ville de la lointaine banlieue strasbourgeoise, dont beaucoup des habitants de l’Eurométropole ne connaissent que les quelques magasins de la zone commerciale nord situés sur son ban.
Agrémentée en son centre ancien de quelques ruelles intimistes mettant à l’honneur un patrimoine historique agricole non négligeable, dont le caractère feutré est rompu par un nain de jardin insolent, le village, où repose le peintre et illustrateur Léo Schnug, qui termina sa vie non loin à l’hôpital psychiatrique de Stephansfeld, a connu les vagues traditionnelles d’urbanisation pour devenir globalement une ville dortoir de l’agglomération qui la jouxte. Lorsqu’on y arrive depuis les plaines vivrières de l’ouest, la vue de l’impressionnante succession d’immeubles blancs neufs de plusieurs étages se découpant à l’horizon face aux champs nus fait l’effet d’un mirage fiévreux.