Développé avec Berta.me

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    422 – La Broque, Vallée de la Bruche, 2600 hab. (juillet 2023)
     
    Partie 1 – Le bourg
     
    La frontière entre Schirmeck et La Broque étant un petit pont sur la Bruche, on peut considérer les deux villes comme une seule et même agglomération. Seulement, là où la rue principale de Schirmeck est bordée de restaurants, cafés et commerces en tout genre, le tissu commercial s’arrête bien vite sur le même axe une fois la frontière communale franchie et un café pris au rade au bord du fleuve, où la tablée d’habitués à côté de moi parlait désindustrialisation : un café, donc, un snack, une boulangerie, un local vide ironiquement baptisé « Plein Soleil » et c’est à peu près fini, le reste de la rue du Général de Gaulle étant un alignement serré de bâtisses d’un étage dont un bon tiers semblent vides.
     
    A ma surprise, le camp de sûreté nazi dit de Vorbrück-Schirmeck se trouvait en réalité sur le territoire de La Broque, et il en reste aujourd’hui un seul baraquement, la Kommandantur, qui contre toute attente est devenue une maison d’habitation privée, où seule une plaque rappelle l’histoire absolument horrible du lieu, dont la simple évocation avait d’ailleurs fait fondre en larmes une fille de prisonnier croisée par hasard au cimetière de Hatten. Un lotissement (dit « Le Camp ») a été bâti sur le site, où pas grand-chose donc ne rappelle les tortures et les meurtres commis sur place, contrairement à Natzwiller quelques kilomètres plus haut.
     
    La mémoire un peu plus consensuelle des grandes familles industrielles vosgiennes est-elle rappelée par un ensemble de monuments devant l’église ; c’est à un anglais de Manchester, John Heywood, qu’on doit l’introduction de l’activité textile dans la vallée. Bon nombre de sites qui ont fait le dynamisme du coin au fil des années depuis le vingtième siècle ont aujourd’hui changé d’affectation ; la mairie de La Broque est d’ailleurs un ancien local EDF dont l’architecture étonnante tranche avec le tout-venant administratif. Près de la gare, la vision d’un semi-remorque chargé de troncs d’arbre m’a fait l’effet d’une irrésistible évocation de Twin Peaks, la meilleure œuvre jamais réalisée sur les Vosges.