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    519 – Kriegsheim, Pays de Haguenau, 800 hab. (juin 2024)
     
    « C’est vous que j’ai rencontré avec Bambi, non ? », ai-je lancé à un retraité au visage familier qui s’affairait dans son jardin alors que mon tour complet de Kriegsheim touchait à sa fin, et c’était bien Hubert, sur quoi M. et Mme W. m’ont immédiatement invité à rentrer chez eux pour honorer l’invitation qu’ils m’avaient faite lorsque je les avais croisés en train de se promener avec leur chèvre alpine (Bambi, donc) dans le village voisin de Rottelsheim deux ans plus tôt, comme si nous venions juste de nous séparer. Nourri dans leur salon de cerises d’un voisin, j’ai appris que Bambi étant décédée de vieillesse en octobre 2023, mais que le couple et ses chats partagent désormais leur vie avec Baïa, un an et demi, originaire de Nice, un caprin qui m’a semblé être un agent de chaos absolu mais s’est néanmoins, contre toute attente, plié au rituel de la photo de famille avec un très grand professionnalisme.
     
    Même si la proximité de Brumath et Strasbourg se fait sentir par une extension récente de maisons blanches à toits plats à l’extrémité sud, Kriegsheim reste dominée par l’activité agricole, tirant une prospérité assez visible, quoique sans ostentation, de ses vergers, dont la production est vendue dans pas moins de trois magasins de ferme, dont le plus grand a fait l’objet d’une visite de l’ex-président Nicolas Sarkozy en 2016 devant un public conquis. Tout près de là, une grande fresque colorée sur la porte d’une ferme met à l’honneur non pas Nico (ouf) mais Nicot, Jean de son prénom, un diplomate du seizième siècle dont la postérité est plus funeste encore, puisque c’est à lui qu’on doit l’importation et la popularisation en France de ce qu’il appela à l’époque la « nicotiane », plante mieux connue sous le nom de tabac.