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308 - Kienheim, Kochersberg, 550 hab. (septembre 2022)
En un doux et agréable fin d'après-midi de rentrée qui devait s’avérer être l’un des derniers de l’automne météorologique par ici (saison qui dure en général quinze jours à trois semaines en Alsace), le village de Kienheim, sis au nord de la mythique CoCoKo (alias la Communauté de Communes de Kochersberg), nous a d’abord un petit peu endormis, et il faut dire à sa décharge que j’avais pris le parti de l’aborder par ses limites, nous emmenant de chemins bordés de champs de maïs grillés sur pied en collines aux rues silencieuses parsemées de grandes maisons sans grande fantaisie (mais à l’intégration paysagère convenable, preuve qu’on peut faire des lotissements qui ne donnent pas l’envie de se supprimer immédiatement), d’où les jardins jouissent d’une belle vue sur la plaine agricole.
C’est comme souvent dans de telles circonstances par le double truchement des initiatives décoratives les plus originales des habitants de ces quartiers résidentiels, telles une porte de garage peinte ici ou un demi-homme jardinière là, et de rencontres animales et notamment félines de qualité (dont un qui nous a gracieusement prodigué un cours de yoga), que nous avons commencé à ressentir quelque chose de l’esprit des lieux, et puis la lumière déclinante a pris des teintes dorées sublimant le tout petit petit centre ancien de la localité et les vieilles tombes à crânes effrayants autour de l’église, avant que les choses se concluent pour moi par une frayeur assez terrible pour le pauvre Nicolas, puisque j’ai initialement pris la plume brandie par le clown triste de sa plaque funéraire pour un couteau et le message attenant pour une menace glaçante.