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377 – Ingwiller, Pays de Hanau, 4000 hab. (mars 2023)
Destination devenue mythique à la suite de deux arrêts ravitaillement particulièrement ignobles en conclusion de deux autres visites aléatoires en 2021, Ingwiller s’est rachetée de bon matin en m’offrant un jackpot de dix euros au rituel Astro gratté au PMU Le Bon Coin où j’ai bu mon café, profitant d’une ambiance assez animée en ce jour de marché dans le centre-bourg, fait suffisamment rare en Alsace pour être remarqué et apprécié. Cette animation est liée au statut de petit centre commercial, religieux (avec trois lieux de culte importants en quelques centaines de mètres, dont une synagogue) et hospitalier local de la ville, dont on longe une vaste zone industrielle en arrivant par le sud, d’où se détache la silhouette rose bonbon du Pin-up Burger, et où, comme je l’ai constaté dans l’après-midi, on peut même se servir librement de béton quoiqu’uniquement pour des applications « non constructives ».
Ingwiller brouille volontiers les repères : ainsi, l’inscription injurieuse apposée sur une fenêtre d’habitation dans la langue de Boris Johnson pourrait être destinée au passant comme à la personne à l’intérieur, la mairie se trouve (temporairement) dans la gare (mais la gare n’est pas dans la mairie), et en l’absence de lac ou de mer ce qui est appelé ici fièrement « plage » est en réalité une simple piscine, où les nageurs sont encouragés dans leur quête de la performance par la présence de crocodiles, si j’en crois les murs d’enceinte. Ayant suivi la rive de la Moder sous un crachin intermittent autour de midi, j’ai bénéficié d’une belle éclaircie pour le plat de résistance que fut l’exploration du lieu-dit Les Quatre Vents, où sont implantés quelques chats et quelques entreprises, dont un « conseil en charcuterie » et un cuisiniste dont la publicité au design apocalyptique m’a laissé songeur.