Développé avec Berta.me

  1.  

    350 – Illkirch-Graffenstaden, Eurométropole de Strasbourg, 27000 hab. (décembre 2022-janvier 2023)

    Partie 1 – Centre-ville

    Je n’ai pas fait rêver grand monde en expliquant que j’allais passer le dernier jour de 2022 (secondé courageusement par Charlotte, qui a l’honneur d’être le seul être humain à figurer dans l’album ci-dessus) et les premiers de 2023 à arpenter les rues de la grande ville de la banlieue sud de Strasbourg, mais telle une horloge cassée, la phrase toute faite douteuse selon laquelle « les absents ont toujours tort » s’est pour une fois vérifiée ici, car la ville s’est révélée bien plus riche que je ne l’imaginais, au point qu’il m’a fallu trois jours pour en faire un tour digne de ce nom.

     L’histoire du développement de ce faubourg traversé de nord au sud par l’Ill et le Canal du Rhône au Rhin est intimement liée à celle de la Société Alsacienne de Constructions Mécaniques, fondée en 1825 et dont une partie des immenses bâtiments est occupée aujourd’hui par un grand centre commercial ; le plus beau, l’ancienne chaufferie du domaine de l’Île, a été laissé en partie intact, et flanqué d’une maison des arts flambant neuve, tandis que les immeubles neufs en face m’ont séduit par l’ingénuité esthétique de leurs balcons reflétant les arbres du bord du fleuve. Le centre, globalement prospère, ménage des poches d’histoire émouvantes, à l’instar de la boucherie Louis Bour sur laquelle je n’ai trouvé aucun renseignement (alors que je lis qu’Alsace Références était le blase d’un promoteur véreux) mais qui doit être fermée depuis belle lurette ; les fresques murales de l’école sud suggèrent cependant qu’on peut vivre dans l’opulence et avoir des angoisses bien légitimes, comme celle d’être englouti par un reptile meurtrier.