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    355 – Holtzheim, Eurométropole de Strasbourg, 3800 hab. (janvier 2023)

    A quelques pas de la mairie de ce gros village de la lointaine banlieue strasbourgeoise se dresse une ferme alsacienne réduite temporairement (avant rénovation) à son squelette de bois, symbole d’un passé architectural à juste titre choyé, tandis que dans une forêt isolée à la frontière de Lingolsheim, l’immense Fort Joffre, un des nombreux édifices défensifs construits par les Allemands aux alentours de la ville entre 1870 et 1914, après des années si ce n’est des décennies d’abandon, suscite lui des passions patrimoniales tardives et pas entièrement désintéressées, en ce qu’elles ont coïncidé avec l’annonce il y a quelques mois d’un projet d’hébergement d’urgence pour réfugiés dans son enceinte (rejeté fermement par la municipalité EELV suite à une levée de boucliers populaire).

    Si la commune est par endroits propre à décourager le promeneur par sa quantité particulièrement fournie d’excroissances pavillonnaires blafardes (dont le noir et blanc contraste tristement avec l’importance donnée à la couleur dans le bâti vernaculaire), surtout au nord de la Bruche, elle se signale aussi par la créativité remarquable des proches de ses défunts, dans un cimetière où la phrase « je déteste mon anniversaire » prend une toute autre résonance, et où par ailleurs le nombre de plaques apposées par « les amis de la pétanque » indiquerait au choix l’importance démesurée de ce loisir à Holtzheim, un beau zèle mémoriel du club, ou une surmortalité inquiétante parmi les pratiquants. Ayant eu la surprise de croiser un canard de Barbarie sur un muret de l’axe de circulation principal, j’ai conclu mes errances frigorifiées en regardant un TER traverser à pleine vitesse l’ancienne gare du village, dont la desserte a pris fin en 2015, et qui restera donc spectatrice du nouveau et très médiatisé RER métropolitain.