Développé avec Berta.me

  1.  

    388 – Hohengoeft, Kochersberg, 540 hab. (mai 2023)
     
    Il me coûte de le dire, mais le Président avait raison : on peut trouver un emploi en traversant la rue, chose que j’ai pu vérifier par moi-même à Hohengoeft où un bouledogue très persuasif m’a embauché séance tenante comme lanceur de baballe, une expérience professionnelle d’abord galvanisante et valorisante, mais à laquelle j’ai fini par renoncer au bout d’une dizaine de minutes en raison du manque de pauses, de salaire, de perspectives d’évolution de carrière, ainsi que par crainte de trouble musculo-squelettiques dus à la répétition des gestes et de l’excès de salive gluante sur les mains (que voulez-vous, les jeunes ne veulent plus travailler, j’en suis la parfaite illustration).
     
    A part ça Hohengoeft est un de ces villages un peu anonymes et ennuyeux des environs de Saverne, dont la vocation est principalement résidentielle, mais il a la chance de bénéficier d’une belle situation sur une hauteur avec vue sur les contreforts des Vosges et la plaine, de posséder une poignée de belles fermes et de pouvoir se targuer d’une politique ferme envers les déjections canines. Pour prendre un peu de hauteur vis-à-vis de ce tableau pas désagréable mais classique, il faut s’atteler à l’ascension du Goeftberg au fil des stations d’un très beau chemin de croix ; cette colline calcaire haute de 391 mètres, sur laquelle on est invité à réfréner ses envies de houx, est apparemment le point culminant du Kochersberg, c’est-à-dire à peu de choses près le toit du monde.