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  1.  

    300 - Hohatzenheim, Pays de la Zorn, 230 hab. (août 2022)

    C’est sous l’égide de la Vierge Marie, rien que ça, que quelques heures après un fiasco gastronomique dominical particulièrement éprouvant pour mes nerfs fragiles (1h30 d’attente pour se voir servir un plat absolument dégueulasse au retour de Schoenbourg), j’ai pénétré dans la 300e commune aléatoire bas-rhinoise visitée à ce jour en quête de rédemption et de paix intérieure, que beaucoup viennent justement trouver ici, quand ils ne cherchent pas simplement un petit coup de pouce dans leurs démarches immobilières, entre les murs de l’Eglise Saints-Pierre-et-Paul, éminent site de pèlerinage marial depuis neuf siècles. Les parois intérieures de l’édifice sont couvertes d’ex votos particulièrement émouvants rendant grâce à la vierge douloureuse, créditée d’un large éventail de bonnes actions, qui vont grosso modo du petit coup de pouce à la protection de vies de prisonniers à Tambow ou autres camps de concentration. J’ai glané dans le cimetière attenant une insulte réjouissante (« âme de boue ») sur la pierre tombale de l’ancien maire Nicolas Blaise (dont l’exécuteur, pour la petite histoire, fut lui même guillotiné en 1794), et qui pourrait très efficacement resservir pour qualifier, au hasard, Laurent Wauquiez. 

    M’éloignant du sanctuaire, j’ai constaté que la benne à vêtements du village faisait l’objet d’une mesure discriminatoire interdisant son accès aux monstres ; près de la mairie, j’ai suivi en vain un marquage au sol indiquant du dessert, me consolant avec la conversation d’un frêle octogénaire qui m’a longuement expliqué avoir passé une nuit entière à prêter main forte aux pompiers affectés à la lutte contre l’incendie du moulin de Krautwiller, récit qui semblait lui faire le plus grand bien et que j’ai d’ailleurs avalé sans sourciller jusqu'à ce que plusieurs de mes amis m’expliquent qu’on ne recrutait normalement pas des vieillards pour lutter contre les incendies, fussent-ils particulièrement virulents, raison à laquelle je me suis rendu bien après avoir pris congé du volubile retraité, qui m'a salué d'un simple « hop là » avant de disparaitre à un coin de rue.