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    101 - Hoffen, Outre-Forêt, 1100 hab. (mai 2021) 

    J’ai rêvé au jour où je pourrais enfin voir Hoffen la bien nommée (car même si ce n’est pas l’étymologie du nom de cette commune, hoffen en allemand veut aussi dire « espérer ») pendant tout le mois d’avril dernier en attendant d’être libéré de la sotte règle des déplacements limités à 10 kilomètres instaurée dans le cadre du troisième confinement national. Le voyage vers ce nouvel eldorado fut enfin possible le 3 mai (alles wieder (h)offen, comme dirait Blixa Bargeld), sous le soleil pour ne rien gâcher, et un vent de liberté a donc soufflé sur cette exploration qui marquait aussi l’entame d’une deuxième centaine de visites aléatoires ; peu après avoir arpenté une première fois les rues principales et leurs impressionnantes enfilades de fermes à colombages blanches typiques de l’Outre-Forêt, j’ai constaté que je n’étais pas le seul à avoir des rêves, disons, alternatifs, en tombant au bout d’une rue sur la vision insolite d'un tracteur géant abritant une salle de réunion, réalisé par le patriarche de l’entreprise locale et familiale de travaux agricoles Niess, assorti d’un panneau explicatif intitulé « Un rêve a pris forme » (l’oeuvre ayant été à l’origine vouée à être exposée aux finales des championnats nationaux et européens de labour en 2011). 

    Deux localités plus petites ont fusionné avec Hoffen en 1975. A Leiterswiller se trouve une rue résidentielle dont un des côtés est entièrement occupé par une suite de huit bâtiments identiques qui ont été construits pour héberger les officiers supervisant les chantiers de la Ligne Maginot toute proche dans les années 1930. Un seul des immeubles de cette Cité des Cadres semblait occupé, un autre étant en travaux et les six autres attendant une rénovation. Hermerswiller présente pour sa part des examples archétypiques de logements traditionnels bien plus anciens, avec pour l’un d’entre eux un nid de cigognes et une boîte aux lettres à son image pour parachever le tableau.