-
47 - Hochstett, Pays de Haguenau, 380 hab. (janvier 2021)
Même pour qui est très rarement sujet à la sensation d’ennui, un tour d’Hochstett à pied, quand bien même on s'applique à garder yeux et coeur grands ouverts, est une expérience qui peut inspirer une forme d'indifférence tirant vers la lassitude, tant la fantaisie et trop souvent la beauté se font rares dans ses quelques rues, à l’exception d’une poignée de fermes anciennes. Par ailleurs, il n’y a ici aucun commerce ou restaurant ; en revanche, proximité d’une sortie de l’autoroute A4 oblige, la construction de pavillons insipides va bon train, et le trafic automobile drainé par la départementale assure un arrière-plan sonore de bruits de moteurs plutôt soutenu.
Heureusement, on est sauvés de la déprime en faisant trois minutes de route vers l’ouest, où se dresse une petite chapelle isolée dans un champ, construite en 1822 par un jeune habitant du village qui avait fait le voeu de l’ériger s’il survivait à la campagne napoléonienne en Russie. On pourrait croire à un happy end, puisque ledit habitant, un dénommé Jean Oster, en revint effectivement sain et sauf, mais les précisions apportées par la mairie quant à la suite de son existence au village sont une véritable douche froide : « Sa vie fut marquée par une succession de deuils puisque 6 de ses 7 enfants moururent entre 1823 et 1855 : un fils de 5 ans en 1823, un fils d'un an en 1826, un fils de 10 ans en 1834, deux filles de 26 et 28 ans en décembre 1847 ; à ces deux décès succédait celui de son épouse, trois semaines plus tard en janvier 1848 ; enfin son dernier fils qui restait son unique espoir, fut enrôlé dans l'armée de Napoléon III et mourut d'une maladie à Constantinople lors de la guerre de Crimée en 1855. »