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290 - Herbitzheim, Alsace Bossue, 1800 hab. (juillet 2022)
Il faut s’armer d’un peu de patience pour aller voir si l’herbe est plus verte à Herbitzheim qu’à Strasbourg, dont elle est l’une des communes les plus éloignées du département, nichée près de l’extrémité de son coin nord-ouest frontalier de la Moselle. Son ban communal est traversé par l’A4, dont un des ouvrages de soubassement donne une consigne de vote qui visiblement a été considérée comme assez dérangeante pour avoir été malhabilement recouverte (je ne savais décidément pas l’Alsace si mitterrandienne). Sous un soleil pourtant très flatteur, la ville m’a fait une impression assez défavorable en termes de richesse architecturale, en tout cas par comparaison avec certaines de ses voisines, mais le tableau est sauvé par la beauté de la campagne du coin, ou encore par la présence de poteaux électriques faisant double office d'épouvantails.
Ayant traversé la Sarre puis le Canal des Houillères de la Sarre pour errer dans le lieu-dit Saint-Michel, qui n’est pas loin d’être aussi peuplé que le bourg proprement dit, j’ai ensuite suivi ledit canal vers le nord au départ d’une jolie maison éclusière pendant un peu plus d’un kilomètre pour me rendre au vestige communal de la Ligne Maginot aquatique, un bunker jouxté par des chiottes à la turque semblant d’époque, et en contrebas duquel on peut entrevoir les extrémités en béton d’un barrage sur le fleuve que les Allemands ont fait sauter en 1940. Le retour m'a permis d’admirer la skyline du village, avec ses deux églises (de gauche à droite, protestante et catholique) à l’immensité incongrue rapportée au nombre d’habitants, et pour l’une d’entre elles un cimetière suggérant que l’amitié à la vie à la mort est une valeur cardinale des lieux.