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233 - Harskirchen, Alsace Bossue, 880 hab. (mars 2022)
Ancienne dépendance du Comté de Sarrewerden, un petit état d'Empire intégré à la France en 1790 et rattaché au Bas-Rhin pour des raisons principalement religieuses en 1793, Harskirchen s’étend en son centre sur deux larges rues perpendiculaires bordées de grandes et austères maisons mitoyennes, tableau typique, à l’exception des fioritures de la porte particulièrement ouvragée d’un restaurant fermé depuis près de trente ans, de ce coin qui aurait été très bien pu ne jamais faire partie de l’Alsace sans qu’on puisse y trouver grand chose à redire.
Malgré son aspect souvent grisâtre, donc, Harskirchen, il faut le noter, est aussi un véritable paradis pour le chaparazzi, particulièrement gâté entre autres à l’écluse 17 du Canal des Houillères de la Sarre, près de laquelle est installé un petit camping, et patrouillée par une altière vigile tricolore, et par ailleurs pour ne rien gâcher un lieu de pèlerinage tout à fait remarquable pour l’amateur de boîte aux lettres que je suis (ça me fait penser qu’il faut que j’envoie un mot à Sarah, qui doit en ce moment surtout recevoir beaucoup de tracts Reconquête et RN, tiens bon, Sarah).
L’église protestante, sur laquelle on n’aurait pas forcément compté pour cela sur le papier, apporte couleur et fantaisie (toutes proportions gardées) par son inhabituel style baroque. Même si je n’ai pas réussi à mémoriser les 95 thèses de Luther affichées sur un de ses murs et qu’ensuite un panneau près du moulin m’a interdit de pénétrer dans la Sarre pour finir en fanfare, il est possible que je n’oublie jamais, que nous n’oublierons jamais Harskirchen, à nos risques et périls.