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    498 – Gambsheim, Ried du Nord, 5200 hab. (mars 2024)

    L’iconographie ichthyenne est très prisée dans la petite ville dortoir frontalière de Gambsheim, où l’on accède par exemple à l’une des réjouissantes églises d’après-guerre caractéristiques du Pays Rhénan en faisant basculer un poisson ; à l’intérieur, des messages manuscrits sur post-it ou papier jaune offrent un contrepoint émouvant à la monumentalité de béton des lieux, où un paroissien remercie Dieu pour la qualité d’une bière goûtée pendant les fêtes tandis que la présence d’un brancard est signalée à toutes fins utiles en cas de crise mystique ou d’hallucination, utile par exemple pour le promeneur qui tombe sur une demi-douzaine de chameaux en train de brouter l’herbe à la lisière d’un lotissement, vision expliquée par le séjour du cirque Bostok, dont un sympathique employé m’a raconté avoir embrassé la carrière de circassien, son rêve d’enfant, suite à une première vie de commercial itinérant.

    La ville étant de par sa situation proche de Strasbourg et d’un pont routier sur le Rhin largement vouée à l’étalement résidentiel, la pêche aux images de décorations originales y est assez généreuse, avec notamment un bel exemple de jardinière automobile (une Coccinelle, après la 2CV de Waltenheim), et un inédit chapelet de boîtes de sardines accroché à un arbre (un sardinier ?) jouxtant le parcours botanique et sportif de la forêt du Steinwald. La crotte de chien est comme il se doit vivement réprouvée en milieu pavillonnaire, y compris sur un terrain à ce stade de construction constitué principalement de monticules de gravats – il n’est jamais trop tôt pour agir. La frontière franco-allemande, où j’ai assisté au franchissement de gigantesques écluses par la péniche Franconia, est elle aussi un endroit où le poisson est roi, la centrale hydroélectrique étant jouxtée par une passe à poissons qu’un monument décrit de manière un tantinet grandiloquente comme une incarnation du rêve européen de Robert Schuman, et laissant penser qu’on ne peut pas compter sur les saumons ou les lamproies pour verser dans l’euroscepticisme.