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87 - Froeschwiller, Vosges du Nord, 500 hab. (mars 2021)
Comme son nom ne l’indique pas, Froeschwiller, près de Woerth, fut un des théâtres principaux de la fameuse « bataille de Reichshoffen »* du 6 août 1870, soldée par une lourde défaite de l’armée de Mac-Mahon qui a préfiguré le sort de l’Alsace-Lorraine, dont les 47 années suivantes seraient allemandes. Les lieux sont donc ici empreints d’une solennité encore palpable et chargés d’histoire et de violence, plusieurs monuments parfois massifs dans les prairies autour du hameau d’Elsasshausen rendant hommage à des soldats allemands (le régiment de Hesse pour le lion, par exemple) et français (dont le colonel Lacarre, qui connut le sort peu enviable de finir décapité ici par un obus).
Dans le bourg, l’église dite de la Paix, un temple luthérien, est en ce moment fermée car des fissures menacent la stabilité de certaines parties ; il s’agit aussi d’une construction allemande post-1870, qui jouxte le château de la famille Eckbrecht de Durckheim (les anciens seigneurs du village), pour sa part reconstruit et agrandi sur les plans d’un architecte munichois en 1890. En plus de ce patrimoine pléthorique pour un village à la taille modeste, les rues principales sont jalonnées de magnifiques maisons alsaciennes dont beaucoup datent du XVIIIe et du XIX siècle, achevant indéniablement de faire de Froeschwiller l’un des communes les plus riches explorées à ce stade.
*(Un dommage collatéral ultérieur à la bataille fut la chanson/comptine « La bataille de Reichshoffen », apparemment très prisée des scouts, que quelqu’un m’a fait écouter le jour où je me suis rendu à Reichshoffen, et qui est une scie INFERNALE qu’il est absolument impossible de se sortir de la tête une fois qu’on l’a entendue - si vous ne connaissez pas, allez sur YouTube à vos risques et périls.)