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348 – Eschau, Eurométropole de Strasbourg, 5700 hab. (décembre 2022)
Vers la fin d’une journée entière de marche dans Eschau, seulement interrompue par un repas assez médiocre dans un restaurant du centre, je commençais à être accablé par la fatigue et ce qu’on appellera pudiquement la mélancolie avant de recevoir au coin d’une rue résidentielle anodine un cadeau du ciel sous la forme providentielle des bobines mignonnissimes de deux huskies adorables qui ont accepté gracieusement que je leur prodigue des grattes-grattes frénétiques sur le museau pendant une bonne dizaine de minutes en recevant d’enthousiastes félicitations sur le miracle de leur existence et de leur beauté, après quoi, cerise sur le gâteau le soleil a fait une courte apparition avant la tombée de la nuit, inondant le Canal du Rhône au Rhin d’une éphémère lueur dorée.
C’est ainsi donc qu’Eschau m’a rappelé aux vertus de l’art de la patience, qui je l’espère paiera aussi pour le « CHAT TOUT NOIR » dont j’ai eu des échos sur de nombreux panneaux d’une rue de l’ancien village de Wibolsheim sans avoir la chance de l’apercevoir. Comme lors de ma première visite il y a quelques années, le dépouillement de la deuxième église la plus ancienne d’Alsace, l’Abbatiale Saint-Trophime, ne m’a pas bouleversé, mes goûts en art religieux tirant plus vers la flamboyance et le baroque, mais j’ai remarqué sur le mur extérieur le détail d’une superbe épitaphe gravée à un chanoine du XVIe siècle, et apprécié dans un style radicalement différent l’hommage à Hergé sur la tombe d’un défunt plus contemporain dans le cimetière attenant. Il faut noter qu’à Eschau il y aussi quelques très belles fermes, mais celle qui m’a paru la plus belle d’entre elles appartient au propriétaire de mon appartement strasbourgeois, et je me suis donc réfréné de la photographier, n’étant pas entièrement sûr qu’il interprète positivement l’irruption de son locataire devant son domicile avec un appareil photo.