-
246 - Erstein, Grand Ried, 11000 hab. (mars 2022)
Partie 1 - La ville
Après Haguenau, Erstein est la deuxième commune dont la grande taille m’a poussé à lui consacrer plus d’une journée d’exploration plus ou moins méthodique, soit 15 heures de marche en deux allers-retours, ici relatées en deux billets successifs. Autant dire que je m’explique mal son manque de notoriété touristique, puisque dès qu’on y arrive on tombe sur la fameuse Tour Eiffel, et ce n’est qu’une mise en bouche pour la visite d'une ville d’une richesse que je ne soupçonnais pas, d’abord architecturale à l’instar de cettemaison de tanneurs en vente, à bon entendeur) et de la cité ouvrière de 1887 où j’ai été pris deux fois de suite pour un employé des Bâtiments de France (bien mieux que d’être confondu avec un cambrioleur) : un retraité m’a expliqué que les habitants de la rue attendaient depuis des mois leur passage pour valider des demandes de travaux, contraintes par les règles liées au statut protégé des constructions. Ces maisons ont été initialement bâties pour les employés de l’importante filature du quartier, site aujourd’hui reconverti en appartements et lofts, et, pour le beau bâtiment principal en brique et moellons de grès qui abritait la chaufferie, en médiathèque depuis 2007.
La cité, qui au-delà de son caractère agréable pour le flâneur semble malheureusement comme beaucoup de villes moyennes souffrir d’un cruel manque d’animation nocturne, est par ailleurs marquée par l’omniprésence de l’eau, le centre étant traversé par l’Ill autour de laquelle de jolies promenades et de petites venelles serpentent, dont une dotée d’une Vierge autour de laquelle on me dit que des riverains ont organisé des messes de rue pour conjurer le COVID. Ayant constaté l’humour décoiffant des autochtones, j’ai visité l’Etappenstall, petit musée municipal qui abritait une exposition d’art contemporain pas mal du tout, tandis qu’une plaque au cimetière évoquait la suite des réjouissances, préfigurant le caractère sucré du billet suivant.