-
122 - Eckbolsheim, Eurométropole de Strasbourg, 7000 hab. (mai 2021)
Je ne connaissais d’Eckbolsheim, une banlieue ouest de Strasbourg, que son Zénith, qui a justifié son existence un soir d’avril 2009 où Bob Dylan et son groupe sont venus présenter des versions comme d’habitude complètement réarrangées, inédites, mouvantes et méconnaissables de ses chansons devant un public ingrat qui attendait visiblement qu’on lui serve la soupe et qu’on lui dise « alors, ça va Strasbourg ? » entre chaque chanson, m’enfin bon, on ne va pas s’énerver, du calme, ça fait 12 ans, il faut passer à autre chose. A la fin de mon exploration du territoire communal je suis venu par curiosité errer dans le parking vide, qui a lui seul est aussi vaste que pas mal de villages bas-rhinois, de cette grosse soucoupe un peu absurde, et je me suis dit en voyant la végétation gagner du terrain qu’il ferait un jour une belle ruine. Non loin dudit Zénith s’étend une zone d’activités un peu ennuyeuse, d’autant que je ne suis pas rentré dans la « boutique érotique », j’ai encore les séquelles d’une éducation catholique, qu’est-ce que vous voulez, alors je n’ai sans doute qu’à m’en prendre à moi-même. D’ailleurs en commençant ce projet je me disais que je ferais de temps en temps de belles photos de zones d’activité ou industrielles, mais la vérité est qu’elles sont désormais quasiment toutes identiques, ce qui est un peu triste. Sinon, avant un tour au bord du canal de la Bruche et un survol de l’immense partie résidentielle-dortoir de la commune, un peu décourageante, j’ai pris le temps de découvrir le bourg historique qui n’est plutôt pas mal quoique pas aussi beau que celui de Souffelwyersheim, et dans lequel un chemin derrière l’église protestante mène à une belle trouée de verdure jouxtant un centre hippique, en passant devant l’ancien moulin à la façade très verte, reconverti en immeuble d’habitation et qu’on ne peut qu’apercevoir derrière les arbres : il fallait bien une parenthèse bucolique pour se remettre d’une saisissante vision hitchcockienne (suggérant un Psychose alsacien) à la fenêtre d’une maison ancienne du centre.