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    98 - Duntzenheim, Kochersberg, 650 hab. (mars 2021)

    Alors que je mitraillais gaiement quelques-unes des majestueuses fermes alsaciennes dont l’immensité et la quantité sont indéniablement impressionnantes à Duntzenheim, j’ai été accosté par une dame qui promenait son bébé et a été déçue, la pauvre, en apprenant que je n’étais pas un journaliste des DNA venu couvrir sa commune. Qu’elle soit cependant bénie pour m’avoir souri, parlé, recommandé des communes de la région tout en me déconseillant d’autres, et ne pas avoir immédiatement supposé que j’étais un rôdeur ou un cambrioleur comme sept personnes sur dix que je croise.

    En plus de son patrimoine architectural résidentiel très important donc, ce gros village situé à la lisière du Kochersberg et du Pays de Saverne, dominé par une sobre et belle église luthérienne, est par ailleurs drôlement bien pourvu en commerces par rapport à la moyenne (j’y ai d’ailleurs acheté une poêle pour atteindre le minimum carte bleue lors de mon passage au tabac, qui fait aussi quincaillerie), dont un qui devient une figure imposée en particulier depuis les confinements, le distributeur automatique de produits fermiers. 

    J’ai appris après coup, sans le constater moi-même, étant venu l'après-midi, qu’ici les cloches de midi sonnent à onze heures, tradition qui remonte selon la légende à une bataille datant de 1125, que les belligérants s’étaient entendus pour commencer à midi, sauf que les troupes de ce petit malin d’évêque de Strasbourg, inférieures en nombre et promises à une déroute dans un combat à la régulière, auraient décidé de faire sonner midi une heure plus tôt pour prendre l’ennemi de court.