Développé avec Berta.me

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    289 - Dimbsthal, Pays de Saverne, 320 hab. (juin 2022)

    Lors de mes débuts balbutiants dans la photographie en 2015, j’ai très vite conçu la vague idée d'inventorier systématiquement les cabines téléphoniques en voie de disparition de Strasbourg, et j’ai encore sur mon disque dur quelques dizaines d’images prises depuis l’intérieur des cabines du centre, dont les vitres sales et maculées d’affiches et de tags divers faisaient une sorte de filtre crado sur des photos de rue par ailleurs d’un intérêt incertain (pour être charitable). Les mois ont passé, la procrastination a fait son office et les cabines ont très vite été enlevées, ce qui fait que ce projet n’a jamais rien donné, et c’est aujourd’hui avec un mélange de nostalgie et de regret que j’observe les rares spécimens encore debout en milieu rural, qui sont quasi-systématiquement affectés à un nouvel usage plus ou moins original, comme ici celui de modeste « bibliothèque » jouxtant l’entrée du cimetière.

    A l’entrée de Dimbsthal, dans la région pré-vosgienne de coteaux plantés de vergers abondants qui s’étend de Wasselonne à Saverne, j’ai garé la voiture devant une grande villa baptisée Hurlevent, prémonition de l’orage annoncé pour 20-21 heures mais qui semblait en cette fin d’après-midi avoir pris un peu d’avance. J’ai donc fait le tour du village au pas de charge en prenant soin d’identifier des lieux pouvant servir d’abri : la cabine-bibliothèque aurait été envisageable quoiqu'exigüe mais l’église Saint-Symphorien et l’auberge du village, situées sur la même rue principale, auraient encore mieux fait l’affaire. J’ai évité le déluge à quelques secondes près, terminant en prenant de la hauteur sur une route forestière pour admirer le village et les collines alentour alors que le ciel ne laissait plus aucun doute sur la tournure imminente des événements.