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448 – Breuschwickersheim, Eurométropole de Strasbourg, 1350 hab. (septembre 2023)
Le chaparazzisme est une discipline non homologuée qui consiste en la traque photographique de tout chat remarqué depuis la rue, reflétant ainsi le projet général du Bas-Rhin aléatoire, tel qu’il s’est dessiné au fil des étapes, de sonder la zone liminaire mouvante entre espace public et privé et d’interroger son franchissement visuel (ceci étant la formulation universitaire et artistique d’une démarche qui peut aussi se résumer plus simplement à « oh, un chat ! allons le voir <3 <3 <3 »). L’éventail de réactions de l’animal soumis à cette pratique non consentie s’étend de la fuite paniquée à la curiosité bienveillante, ce dernier cas de figure étant parfaitement représenté dans la photo d’ouverture de l’album ci-dessous, qui par ailleurs est sans doute l’autoportrait le plus satisfaisant que j’aie pu réaliser jusqu’ici, quoiqu’entièrement par inadvertance.
Troisième commune de France au nom le plus long (en un seul mot), Breuschwickersheim compte selon des historiens locaux 111 fermes dont quelques dizaines, particulièrement immenses, ont pignon sur la rue principale ; le château de la commune, possession d’un particulier, ne peut lui que s’apercevoir depuis le terrain de pétanque. Des phénomènes déjà abondamment documentés ailleurs se retrouvent ici, dans ce village cossu de la lointaine banlieue strasbourgeoise, tels que le fléau des déjections canines, le surgissement de lotissements denses et fortement standardisés au milieu des champs de maïs, ou encore la perpétuelle « recrudescence » des cambriolages, au sujet de laquelle devait se tenir une réunion de prévention quelques jours après mon passage, c’est-à-dire trop tard où vu du nombre d’images que je suis parvenu à voler sur les lieux.