Développé avec Berta.me

  1.  

    495 – Bischwiller, Pays de Haguenau, 12000 hab. (février 2024)

     

    Partie 2 – Quartiers résidentiels et périphériques

     

    Nourrissant moi-même une certaine rancoeur vis-à-vis de la compagnie de « salles de bain à vivre » Duravit suite à une dépense exorbitante pour remplacer la lunette de toilettes de ladite marque dans mon appartement strasbourgeois (« c’est du Philippe Starck, c’est pour ça que c’est cher », me suis-je entendu dire en magasin, médusé), j’ai constaté que cette entreprise allemande s’était depuis faite des centaines d’ennemis supplémentaires à Bischwiller en annonçant la suppression de 193 postes sur le site local, délocalisés a priori sur des sites chinois, égyptiens et allemands. Outre des manifestations, l’annonce du « plan social » a nourri une iconographie omniprésente en ville en ce moment, où domine la figure de la croix, symbole de mort, un véritable chemin de croix ayant d’ailleurs été installé a proximité de l’usine sur le trottoir de la rue de Marienthal, mais mon image protestataire préférée est sans conteste celle de la chasse d’eau, aucun indice ne permettant d’accréditer l’hypothèse que le nain de jardin pendu de la rue de Gries était lié à cette actualité sociale de chiotte.
     
    Bischwiller c’est aussi un grand centre hospitalier, qui a la particularité d’être jouxté par un cimetière qui abritait autre fois les défunts de l’asile, et depuis les patients les moins fortunés, cimetière dont le manque d’entretien tourmente énormément un riverain du jardin ouvrier voisin que nous avons croisé, ainsi qu’un immense institut spécialisé pour personnes handicapées géré par une fondation protestante, le Sonnenhof, qui est régulièrement qualifié de « ville dans la ville » et où on peut, outre toutes les aménités attendues d’un tel établissement, rencontrer de magnifiques cochons d’inde. Destination féline par ailleurs pléthorique, Bischwiller décline la lutte anti-crottes sous une forme interrogative et quasi-philosophique, sans oublier de temps à autre de verser dans la monumentalité verticale de jardin, représentée ici par un monstre de bois furieux et, évidemment, la Tour Eiffel (1889) de la rue Jean Valade.