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495 – Bischwiller, Pays de Haguenau, 12000 hab. (février 2024)
Partie 1 – Centre-ville
La neuvième commune la plus peuplée du Bas-Rhin traîne depuis des décennies une réputation peu flatteuse de ville de « cas soc’ » à éviter ; elle est notamment de longue date affublée du surnom raciste de « Turcwiller » la réduisant à son importante communauté turque et par extension à son supposé déficit d’alsacianité. Au fil de deux jours d’errance pédestre dont un avec le cinéaste enfant du pays Rock Brenner, cette piètre image m’a semblé largement imméritée, mais il faut noter que pour se débarrasser de ses stigmates, cette cité industrieuse, qui semble largement dotée en commerces, associations, espaces verts, etc., a encore une marge de progression sur les apparences : nous avons notamment été stupéfaits de tomber en plein centre sur la vision post-apocalyptique d’un supermarché Leclerc abandonné, tandis qu’à quelques rues de là une résidence a reçu un nom qui prête quelque peu aux remarques chafouines.
Le patrimoine assez pléthorique de la ville est particulièrement notable dans ses déclinaisons militaires, avec un quartier de garnison allemande dont un beau bâtiment en brique et en grès est désormais occupé par une mosquée (en face de laquelle se trouve un snack baptisé « Sniper » pour des raisons non élucidées par mes soins) et industrielles, avec une série de sites historiques dont la reconversion est plus ou moins avancée, souvent d’entreprises textiles, comme Vestra, dont la cheminée trône encore au milieu de rangées de petites maisons ouvrières mitoyennes et dont d’anciens locaux abritent une « pépinière d’entreprises ». Alors que la lumière commençait à décliner en fin d’après-midi de mon premier jour sur les lieux, je suis tombé ébahi en plein centre-ville sur un adolescent absorbé par la contemplation de son téléphone et la dégustation d’un dessert, allongé dans ce qui m’a semblé être la vitrine d’un ancien commerce, et dont j’ignore encore s’il est une publicité vivante pour le lâcher-prise ou une installation d’art contemporain à lui tout seul, une sorte de Marina Abramovic bischwillerois.