Développé avec Berta.me

  1.  

    70 - Barr, Route des Vins, 7300 hab. (février 2021)

    Bon alors, Barr, capitale du vignoble alsacien, entendons-nous bien, c’est mignon, c’est sûr, j’ai quand même mis plusieurs photos du centre historique que j’ai dûment ratissé, ne vous inquiétez pas, mais la joliesse apprêtée des ces étapes touristiques incontournables de la Route des Vins m’angoisse assez vite et au fond ne m’intéresse pas tant que ça.

    Donc mû par une espèce peut-être un peu puérile d’esprit de contradiction, j’ai vite pris une tangente tragique vers une extrémité du ban communal, me mettant en quête dans la forêt des contreforts vosgiens du site du crash Air Inter de 1992, dont je conservais un souvenir vague mais assez fort pour avoir vu Bruno Masure en parler avec une mine grave dans le JT d’Antenne 2 que mes parents ne rataient pour rien au monde à l'époque. Un superbe chemin parmi les conifères mène depuis le carrefour de la Bloss à une clairière au silence solennel marquée d’une stèle délavée à la mémoire des 87 victimes, à quelques 700 mètres d’altitude. Le même chemin permet de rejoindre à quelques centaines de mètres une cavité de grès baptisée « grotte des Druides » et un kiosque en bois d’observation sur la vallée datant de l’époque de Napoléon III.

    Une fois redescendu, j’ai d’abord tenté vainement de « prendre la vie du côté Honda » (essayez, c’est pas évident, surtout sans Honda j'imagine) puis me suis mis en quête toujours dans la même disposition quelque peu chafouine d’un Barr plus âpre, interlope, moins instagrammable, que j’ai fini par trouver en poursuivant à l’est après le collège (où les jeunes nous avertissent des dangers des réseaux sociaux, écoutez-les), avisant même un ou deux graffitis d’une grossièreté hilarante que les bonnes manières m’interdisent de partager ici, ainsi qu’une allusion grammaticalement inexacte à une sombre affaire criminelle de 1991 (quelle belle décennie, décidément) sur une fenêtre sale.