Développé avec Berta.me

  1.  

    404 – Auenheim, Ried du Nord, 1000 hab. (juin 2023)
     
    Déjà méfiant vis-à-vis des communes dont le nom débute par trois voyelles pour des raisons esthétiques, j’ai malheureusement constaté au fil d’une éprouvante errance dans les rues pavillonnaires sinistres de ce village-dortoir proche de la frontière allemande que cette peur était ici parfaitement fondée, même si la laideur et la pauvreté architecturale terrifiantes de cet amas de logis fabriqués à la photocopieuse pour des travailleurs pendulaires dont l’horizon quotidien m’a rempli d’angoisse et d’inquiétude ne sont ici représentées que par une seule photo, par charité chrétienne pour vous qui me lisez.
     
    Pour parfaire ce tableau inepte, pendant que les habitants et le visiteur aléatoire cuisaient dans cet environnement quasi entièrement minéralisé, où les rares riverains supportant encore la chaleur du milieu de matinée s’affairaient frénétiquement à la chasse aux rares « mauvaises » herbes sur leurs trottoirs, étaient projetés des milliers de litres d’eau sur des champs de maïs, culture désormais hégémonique dont les multiples dangers écologiques commencent à être heureusement pointés du doigt, tout en arrosant généreusement les bosquets et les chemins environnants.
     
    Le village natal de l’illustrateur de la vaisselle Obernai Henri Loux, enterré à quelques pas de chez moi, au Neuhof, suite à son décès très prématuré de la tuberculose, a tout de même pour lui, outre une sculpture sur grès dans un mur d’enceinte de maison dont on peut penser qu’elle fait office de commentaire sur la carcéralité ambiante, quelques rues encore relativement mignonnes dans son noyau résidentiel ancien, avec à leur extrémité, non loin de l’une de deux casemates assez bien conservées de la Ligne Maginot, un point de vue reposant sur la Moder tirant doucement sur ses derniers kilomètres.