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    470 – Artolsheim, Grand Ried, 1000 hab. (décembre 2023)
     
    Contre toute attente Artolsheim n’est la commune natale ni de Florence Arthaud (Boulogne-Billancourt) ni de Nathalie Arthaud (Peyrins), cette dernière y ayant tout de même obtenu quatre voix lors du premier tour des élections présidentielles de 2022, soit 0,59% des suffrages exprimés. En revanche, j’ai appris au détour d’une rue par un panneau qu’Artolsheim, bourgade de plaine humide nichée dans le coin sud-est du département entre Sélestat et Marckolsheim, est « la commune française la plus éloignée des côtes », à 428 kilomètres de l’embouchure de l’Escaut et de la Méditerranée à Gênes, ce qui en fait un « pôle d’inaccessibilité » (un panneau municipal sous clé et couvert de rouille, dont le dernier avis remonte à 1991, étant sans doute une déclinaison de ce concept).
     
    L’éloignement de la mer n’empêche pas les Artolsheimois d’une part de mettre de la couleur sur les façades de leurs demeures, et d’autre part d’être livrés en matériaux métalliques et minéraux permettant de décorer leurs jardins selon la mode du moment, qui avec son portail dragon, qui son éléphant, qui ses, euh, jambes extraites d’un bloc de pierre ? Nul besoin de la mer, de même, pour s’opposer aux réformes de Martine Aubry par le truchement d’un chien ou inscrire des sentences mystérieuses (ainsi que des insultes envers les collégiens de Marckolsheim) sur les arrêts de bus. N’ayant pas pu accéder au bunker Maginot en ruines du ban municipal, de nouveau investi par des hommes armés (des chasseurs), j’ai terminé le tour du propriétaire au lieu-dit Waldsburger ou des « Bains », où s’est développé un pèlerinage à la Sainte-Croix autour d’une source curative, ainsi qu’un immense corps de ferme dont le gigantisme trouve un écho de l’autre côté de la départementale avec un non moins immense séchoir à maïs.